Le triomphe de l’amour
Type
recueil facticeDisponibilité
GenèveLangue(s)
françaisPublication / maison d'édition
- Robert Ballard
Impression
- rue de S. Jean Beauvais, au Mont-Parnasse
Pagination
- [1–4], 5–45
Nombre de pages
- 45
Description matérielle
Relié carton, collé, dos libre ; état de conservation moyennement bon (couverture élimée, reliure fragilisée, papier bruni sur ses bords).
Autre(s) exemplaire(s) en Suisse
- Non renseigné
Autre(s) exemplaire(s) à l'étranger
- Non renseigné
Edition(s) antérieure(s) ou postérieure(s)
- Non renseigné
Ressources électroniques
- Non renseigné
Mots-clés
livret de ballet, opéra, pastoraleRésumé critique des parties introductives
La table des matières précise, pour les entrées de ballet de la pastorale, qu’il y figure des personnages de (cités dans cet ordre) faunes, piqueurs, amours, songes, bûcherons, cueilleuses de fleurs, zéphirs, sacrificateurs, bergers et bergères, fées, termes animés par les fées, ivrognes et Égyptiens.
L’avant-propos précise que la pièce a été « mise en état de paraître à Versaille […] en quatorze jours de temps ».
Résumé critique du corps du texte
Le prologue, selon le livret, est « lié à la pièce » ; le théâtre y représente une forêt « dont plusieurs termes marquent les routes », occupée par des faunes et dans laquelle, « après le bruit de cor qui se fait entendre », paraît Pan suivi d’autres faunes (p. 5). Ce décor place d’entrée de jeu l’intrigue dans un cadre propice à une sorte de pastorale.
Et dès le prologue, la musique et la danse sont introduites pour faire l’éloge de l’amour. Par ailleurs, le topos de la comparaison entre chasse et amour est explicité (p. 10).
Les trois parties de l’œuvre conservent la même thématique de l’amour bucolique. En résumé, les personnages sont tous plus ou moins victimes des flèches de l’Amour, dont dès lors l’attrait semble fatal.
La trame, peu dense, introduit plus ou moins ingénieusement les scène de musique et de danse — ici dévolues aux personnages secondaires. Dans la première partie, on note une thématisation de la danse et de la musique. Pan, dans son récit chanté, exhorte à l’harmonie entre les arts : « Accordez en cadence / Vos pas à la danse / Vos voix, aux chansons » (p. 6). Mais après le chant de Pan suit un intermède qui évoque une querelle entre satyres et bergères qui ne cèdent pas. Enfin, à l’arrivée de la déesse vantée dans le prologue, les chasseurs dansent tandis que Diane, elle, devrait s’en divertir (p. 11).
Dans la seconde partie, Endimion, berger ayant négligé l’Amour, devient la victime de ses flèches. Ce sont à nouveau des personnages secondaires qui dansent : des bûcherons qui semblent faire partie du décor (p. 29). Le second intermède augmente le nombre des personnages ; Bacchus soudain apparaît. La trame esquissée jusque-là n’est pas poursuivie ; mais le thème de l’amour demeure. Du point de vue dramaturgique, ce sont les figures des bûcherons qui font le lien entre les scènes ; maintenant enivrés par le vin que certains protagonistes leur ont trop généreusement offert, ils exécutent « des pas d’ivrognes », puis les Aegipans se mêlent à eux, et les font tomber ; la scène est donc grotesque.
La troisième partie nouera l’intrigue en faisant des amants de Diane et d’Endimion. Mais Diane d’abord est rétive, aussi les Zéphirs dansent sous l’injonction de Flore, pour assouplir son cœur, et recevoir les premiers soupirs de l’intrépide déesse (p. 37). La dernière mention de la danse apparaît à la page 44, après que l’Amour l’ait emporté que Diane ait cédé et qu’Endimion ait été fait dieu : « les bergers et les bergères, dansent ensemble, et par des pas mesurés, témoignent qu’il sont de concert pour aimer ». La danse est donc bien, comme la musique, un moyen de rétablir l’harmonie et d’exprimer le bonheur, par exemple celui d’aimer.
À ce titre le livret a un certain intérêt, en dépit du fait qu’il soit particulièrement décousu.
À propos des rééditions
Une version ultérieure de 1705 est signée par Quinault, mais elle n’est pas du tout fidèle à celle de 1672, tant pour ce qui est des parties introductives (table, etc.) que du livret à proprement parler.
Critère de choix du livre pour le cataloque
Intérêt de l’œuvre pour l’histoire de la danse et de la littérature (versions ultérieures de Marivaux).
Contributeur(s)
Dóra Kiss, François MützenbergRemarques sur la rédaction
Fiche établie par DK, chercheuse en danse, relue par FM, musicien.
27 mars 2018