Lallemand, J.-F. prêtre du diocèse de Besançon

Considération sur les danses

Baume-les-Dames, s.n., 1839
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  • s.n.

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  • Imprimerie et fond. de Victor Simon

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  • Broché, couverture papier.

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Résumé critique du corps du texte

L’auteur se présente comme un juge impartial de la danse : il aurait étudié le phénomène de manière mûre et réfléchie avant de se convaincre que la vérité est détenue par les prédicateurs : « les amateur des divertissements du monde ne sont point fondés en raisons pour justifier la danse et les bals, et les autoriser » (p. 6).

Le texte se réfère, selon l’auteur, à la Bible et aux Autorités. De la première, il cite les passages suivants : Eccclésiaste, ch. 9, v. 4 (p. 7) ; Genèse, ch. 34, v. 1 (p. 8); Exode, ch. 32, v. 1 (p. 8) ; Marc, ch. 6, v. 21 (p. 9), Épître, ch. 2, v. 15 (p. 10), Job, ch. 21, v. 11 (p. 11). Des secondes, il mentionne certains principes ou idées : la danse est à interdire universellement, puisque chacun est coupable de ceux qu’il enflamme (Saint Cyprien ; p. 12) ; les parures, les « ris », les paroles, les airs des femmes font forte impression sur les hommes, lorsqu’elles dansent devant eux, dès lors « c’est dans ces sortes divertissements [qui sont dansés] que le démon combat avec violence et qu’il remporte de trop de funestes victimes » (Tertullien ; p. 13) ; « fille qui danse est adultérine » (Saint Ambroise ; p. 14) ; la danse est l’origine d’un « fatal enchaînement » (Saint Charles, p. 16) ; puisque la danse a lieu la nuit, elle est l’origine d’accidents « ténébreux et vicieux » (François de Sale ; p. 17) ; la danse, en ouvrant les pores du corps, ouvre ceux du cœur (Pline ; p. 17).

Lallemand s’en réfère également à des auteurs laïcs. Il emprunte notamment au Prince de Beaumont l’idée de l’universelle faiblesse de l’homme et de la femme. Ce prince explique en outre que nul ne doit s’exposer aux dangers que la danse implique ou provoque (p. 21). L’allemand évoque par ailleurs le dégoût spirituel que provoquerait la danse (p. 28), ainsi que les mariages mal assortis et le déshonneur les familles qui en découleraient (p. 28). L’auteur fait encore le portrait de ceux qui dansent : « ce sont des personnes légères, frivoles, volages, étourdies ; des personnes qui vivent sans réflexion, […] étrangères aux pratiques de la piété chrétienne, […] négligentes pour leur salut […]. Les suivre, écrit-il, c’est vouloir s’égarer, c’est entrer dans le chemin de la perdition » (p. 31).

Le texte s’achève sur une dernière condamnation : « les bals de ville sont plus dangereux que les danses des campagnes : en effet, tout dans ces bals est réuni pour faire de funestes impressions sur les sens, pour amollir le cœur et lui faire des plaies mortelles. Les parures recherchées, quelquefois même peu décentes, le brillant des flambeaux, le son des instruments, les airs affectés, les manières gracieuses, les balancements étudiés des corps, tout cela fait de telles impressions sur des cœurs, d’ailleurs énervés par la mollesse, la bonne chère et l’oisiveté, qu’il est presque impossible d’y résister ».

Il n’y a pas à dire : le discours du Père Lallemand est fondé sur une longue tradition de textes contre la danse, qu’il perpétue dignement. Quant à savoir si ce discours découle d’un « jugement impartial », c’est une autre question.

Critère de choix du livre pour le cataloque

Le document est intéressant pour démontrer, s’il en faut, que la danse a eu France comme en Suisse des adversaires revêches et documentés.

Ces adversaires étaient prompts à s’en référer à de multiples sources pour condamner la pratique de la danse, essentiellement pour des raisons morales, mais aussi par craintes des problèmes de moeurs et des problèmes sociaux qui pouvaient en découler.

Contributeur(s)

Remarques sur la rédaction

Février 2019, revu juin 2019.